Le renouveau pédagogique à l’ère du numérique

Le renouveau pédagogique à l’ère du numérique

Le virage numérique force les professionnels de l’éducation à s’adapter et les invite à adopter un apprentissage virtuel. La quincaillerie est installée dans plusieurs classes, le contenu se développe et les règles de rigueur et de conformité prennent de plus en plus de place dans les choix, mais le cadre pédagogique, à caractère multimédia et virtuel, devient de plus en plus urgent à définir et à déployer. Les néo-technos, ces jeunes nés avec la technologie à portée de main en 2010, sont entrés à l’école en 2016 et leur profil, comportements et compétences numériques vont nécessiter une grande adaptation pour le réseau scolaire.

C’est dans cet état d’esprit que la SOFAD a organisé une journée de réflexion le 1er novembre dernier sur la question de l’apprentissage virtuel, c’est-à-dire l’intégration et l’adaptation au virage numérique. Dans le but de soutenir la formation générale aux adultes et la formation professionnelle, tant à distance qu’en centre, et ce, partout au Québec, la SOFAD demeure à l'affût des enjeux et des tendances en éducation, tout en étant à l’écoute des intervenants du réseau de l’éducation et de la formation continue en entreprise. C’est pourquoi elle a invité l’ensemble des acteurs du réseau de l’éducation à réfléchir et à partager leur vision ainsi qu’à exprimer leurs besoins afin qu’ensemble, nous cernions les enjeux qui doivent être pris en compte dans le déploiement d’une approche virtuelle de l’apprentissage.

Lors de cette journée d’échanges et de partage, l’équipe de la SOFAD a recueilli l’avis de plusieurs délégués pédagogiques, directeurs de commissions scolaires et enseignants, pour en venir à des conclusions similaires à notre hypothèse. Sur place ou par webdiffusion, près de 200 personnes ont contribué aux discussions et aux échanges sur le sujet.

D’une part, l’un des premiers constats sur lequel tous se sont ralliés était de dire que la motivation joue un rôle déterminant dans la réussite, mais que la technologie ne peut à elle seule accroître la motivation. C’est pourquoi l’enseignant demeure la ressource principale d’aide et de soutien.

En d’autres mots, tous ont été d’accord pour dire qu’ « un prof ou un cours ennuyeux demeure ennuyeux, même avec la technologie. » En somme, le virtuel est un outil de plus, mais l’aspect humain reste essentiel. Pourquoi? Parce que l’élève doit demeurer la priorité et parce que les contenus qui lui sont proposés doivent l’interpeller et l’engager afin qu’il puisse maintenir sa motivation.

D’autre part, plusieurs intervenants se sont entendus pour dire que le numérique favorisait une plus grande accessibilité, une personnalisation de l’enseignement, une rétroaction de qualité plus rapide et la réalisation de situations d’apprentissage concrètes et dynamiques.

La majorité des participants se sont aussi entendus pour dire que l’apprenant et l’enseignant peuvent établir une relation de qualité par l’entremise des différents outils technologiques. Ils ont toutefois mentionné l’importance d'établir des règles de communication claires dès le départ sur le moment et la manière de communiquer, ainsi que la raison pour laquelle on doit le faire. Par ailleurs, plusieurs jugent qu’il est préférable de varier et d’adapter les moyens de communication selon l’apprenant qui peuvent être personnalisés grâce aux outils technologiques.

Or, il est primordial de s’assurer de la pertinence d’utiliser des outils technologiques et il est nécessaire qu’autant les apprenants que les enseignants soient à l’aise avec ceux-ci. La communication virtuelle a ses limites; il faut absolument soutenir et accompagner les apprenants et les enseignants dans l’adoption de cette approche. Dans cette perspective, développer des compétences numériques devient un incontournable pour tous.

La formation hybride

Dans cette ère du numérique, l’information et les savoirs sont facilement accessibles. Ainsi, le rôle des enseignants a changé et il continuera d’évoluer. Les formateurs doivent maintenant agir en tant que coaches, motivateurs et accompagnateurs dans le cheminement des apprenants. C’est d’ailleurs un aspect qui est revenu très souvent lors des ateliers de la SOFAD.

Dans cette nouvelle dynamique, le cadre enseignant guide et aide l’apprenant à chercher de l’information par lui-même et à faire preuve de discernement quant à la valeur des informations recueillies. Ainsi, les scénarios pédagogiques proposés et l’évaluation qui y est reliée doivent absolument être adaptés à cette nouvelle approche. Tous ont reconnu qu’aucune approche pédagogique ne semble offrir de solution miracle. La formation hybride s’est imposée comme une formule gagnante.

Les participants étaient unanimes : l’arrivée des apprenants ayant grandi dans l’ère du numérique, les néo-technos, entraîne nécessairement une adaptation et des ajustements. Plus que jamais, les contenus proposés doivent être pertinents et le réseau scolaire doit adopter une approche proactive. De plus, la formation des professionnels en éducation doit être revue puisqu’elle ne correspond plus avec la réalité d’aujourd’hui.

Autant de bouleversements qui s’accompagnent d’une panoplie de nouvelles possibilités en enseignement. L’apprentissage virtuel doit se faire dans le respect de certaines limites, mais également dans l’interaction et la créativité de tout un chacun.

La SOFAD est très fière d’avoir permis la tenue de cette journée de réflexion et de partage avec le réseau. Elle croit fermement en l’harmonisation des actions qui encouragent les bonnes pratiques pédagogiques à l’ère du numérique. Le point central des actions du réseau et l’objectif que nous partageons doivent demeurer la réussite pour tous !


Article rédigé par Laëtitia Gagnon
Photo: © Sergey Nivens / Shutterstock